Actualités départementales

29 septembre 2016

Enfin une justice digne de ce nom !

​Il est de plus en plus fréquent de voir des parents d'élèves "sans problème" dépasser soudainement toutes les limites, pouvant se montrer vindicatifs, insultants, menaçants voire violents verbalement ou même physiquement. Généralement, ces situations se règlent au sein de l'école, au mieux avec l'appui de l'Inspecteur de circonscription. Les familles s'excusent, expliquant avoir agi sous le coup de la colère, et l'école en reste là.

 

Mais quel corps de métier accepterait que ses usagers viennent toquer à leur porte pour "passer leurs nerfs"? Dans de plus en plus de lieux publics, de la CAF aux supermarchés, des affiches sont placardées rappelant que les incivilités, voire même les haussements de ton, ne sont pas tolérés. Au SNE, nous considérons que toutes les incivilités sont inacceptables. L'école est un lieu où la violence n'a pas sa place.  Les excuses n'effacent en rien le préjudice moral subi par les enseignants. Certains en restent marqués à vie, se voient dans l'obligation de changer d'école pour pouvoir recommencer à travailler. Le soutien de la hiérarchie n'est pas toujours au rendez-vous.  Pouvoir travailler dans la sérénité et la sécurité est un droit indiscutable. Au SNE, nous défendrons toujours les enseignants victimes d'agressions.

Espérons donc que cette affaire de Nîmes fasse jurisprudence et encourage les procureurs à se montrer ferme envers les agresseurs d'enseignants. Il en va de l'image de notre Ecole Publique et de la crédibilité de ses agents.

Extraits des articles publiés par Objectif Gard :

La directrice d’école menacée d’être égorgée: 2 interpellations (23/09)

Menaces de mort sur la directrice d’école: le père et sa fille condamnés (28/09)

C'est à l'arrivée d'une fillette de 3 ans à l'école maternelle jeudi matin, que le personnel, surpris par les blessures de la gamine décide de faire un signalement à la police comme la règle le prévoit. "Un signalement est effectué au Parquet de Nîmes et un médecin va ausculter l'enfant. Le certificat médical va exclure toute maltraitance et l'enfant sera rendu à la famille. L'école a fait son travail, la police a fait son travail avec la procédure et les précautions d'usage car il s'agit d'un enfant, recadre Sébastien Sider, le substitut du Procureur. Je peux comprendre que la situation procure une certaine émotion. Mais ensuite le lendemain vendredi, les faits sont inexplicables et inacceptables", poursuit le magistrat du Parquet de Nîmes qui réclame 3 mois de détention et 3 autres avec sursis et mise à l'épreuve pour le père et sa fille.

Car le vendredi matin, plus personne ne peut faire entendre raison à cette famille. Devant les grilles d'entrée "du sanctuaire que doit rester l'école". La fille  aînée "montre un visage haineux, hystérique. Les pleurs, la prise de conscience, les regrets, n'effacent pas le comportement. C'est irrationnel et inacceptable", poursuit le substitut du procureur.

Des propos menaçants auraient été tenus devant des témoins, notamment des paroles visant à "brûler" l'école... et la directrice! La police nationale a été appelée rapidement en renfort. A l'intérieur de l'établissement la situation n'était pas meilleure, puisque le dialogue a été suspendu lorsque le père de famille a fait face à la directrice et à la représentante de l'inspection d'académie. Le père a menacé de "l'égorger" en mimant le geste. La police a interpellé la soeur aînée et le papa. Ils ont été placés en garde à vue vendredi matin, et présentés au Parquet de Nîmes dans la soirée.

 

"En fonction de la gravité des faits et des propos tenus, les deux personnes ont été déférées. Nous avons requis des mandats de dépôt contre le père et sa fille ", souligne le vice-procureur, Patrick Bottero, en charge des conflits dans les établissements scolaires.

Mais alors comment le père et sa fille, qui sont inconnus de la police et de la justice ont-ils pu autant dériver ? " J'étais choquée que l'on puisse penser que ma famille est capable de toucher un enfant. Je voulais aider mon père, le soutenir lorsqu'il est allé voir la directrice. Il ne sait pas s'exprimer correctement. La directrice n'a pas voulu, j'étais de plus en plus énervée", déclare en pleurant à la barre du tribunal la jeune femme qui travaille dans une école auprès d'enfants. J'ai dit des paroles blessantes, je disais n'importe quoi, des paroles qui dépassaient mes pensées. Je m'excuse auprès de l'école et de la police", ajoute la prévenue.

Son père, incarcéré depuis vendredi matin, est sur le même registre des regrets. "Cette famille qui n'a jamais fait parler d'elle, était bouleversée et attristée de cette suspicion de mauvais traitements. Les réactions des uns et des autres ont dépassé le cadre du rationnel et dépassé leur intention", souligne Me Annelie Deschamps qui demande et obtient l'indulgence du tribunal pour "des personnes qui n'ont jamais été condamnées et qui ne connaissent pas la justice"

Vendredi 23 septembre, une directrice de Nîmes a été menacée de mort par un père d'élève et sa fille d'une vingtaine d'années. Une fois n'est pas coutume, la justice s'est montrée rapide et efficace. Les deux personnes ont été immédiatement interpellées et placées en garde à vue. Il s'agit pourtant d'une famille n'ayant jamais posé de problème à l'école et inconnue des services judiciaires. Jugés le mardi 27 septembre en comparution immédiate, le père a été condamné à 2 mois de prison avec sursis et la fille à 3 mois avec sursis et exclusion de sa condamnation du casier judiciaire.

​​Le SNE se félicite que la justice ait géré cette affaire avec sérieux et fermeté, contrairement à ce qu'il s'était passé à Vias il y a quelques mois, où une affaire de menaces de morts envers une enseignante a finalement été classée sans suite par le Procureur de la République 7 mois après les faits (voir notre article du 1er juin).

Pour rappel, le SNE34 a proposé aux écoles du département un exemple d'affichage rappelant le code pénal (article 433-5) : l'outrage adressé à une personne chargée de service public est passible de 6 mois d'emprisonnement et de 7500€ d'amende. La DSDEN accepte que les écoles utilisent cet affichage.

© 2020 Syndicat National des Ecoles Section Occitanie (11, 30, 34, 48, 66)  - Directeur de la publication : Matthieu Verdier, secrétaire académique

 

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