Actualités départementales

11 octobre 2019

CAPD du 10 octobre 2019
Déclaration liminaire du SNE34

Monsieur le Directeur Académique, mesdames, messieurs,

 

Le suicide de notre collègue Christine Renon, et ceux de bien d’autres avant elle, doivent nous questionner, vous questionner, questionner également la société dans laquelle nous vivons. Ce drame fait émerger la problématique du malaise des enseignants depuis trop longtemps tu. Ce sujet mérite un débat de fond suivi d’actes forts. Nous sommes bien conscients que nous n’allons pas régler ce problème ici et aujourd’hui, néanmoins il nous semble bon d’en parler.

 

Crise de vocations, envies de démissions de plus en plus nombreuses, morosité ambiante… Que s’est-il passé pour en arriver là ? La magnifique dernière lettre de Christine Renon est criante de vérité. Sa lecture nous a tous glacé le sang tellement elle décrit la réalité que nous vivons. Tous ces petits riens que l’institution ajoute au fur et à mesure, toutes ces réformes et contre-réformes que l’on a du mal à expliquer, les relations avec certains parents qui peuvent être tendues, les relations avec la hiérarchie qui peuvent être infantilisantes.

 

Cette lettre a également le mérite de mettre en lumière une faille de notre système dans le premier degré : le rôle et la place du directeur d’école, homme ou femme à tout faire, qui est pressé de tous côtés sans réel pouvoir et surtout sans statut. Le SNE le crie haut et fort depuis des années, il faut un statut du directeur d’école, un statut fonctionnel. Nous ne voulons pas de statut hiérarchique ou une allégeance du premier degré au second degré comme cela avait été envisagé il y a quelques temps. Nous croyons, nous espérons grandement, que ce dossier avance vite et bien.

 

Le malaise des enseignants va au-delà de la question du directeur d’école, bien évidemment. Les enseignants, nous avons besoin d’être respectés et considérés par la société et par notre hiérarchie. Une hausse de salaire plus que symbolique est nécessaire mais pas suffisante. Il faut nous traiter comme les professionnels que nous sommes, il faut que notre parole prime sur la parole des élèves ou celle des parents d’élèves. Il faut que l’Ecole Républicaine redevienne un sanctuaire où l’on transmet des savoirs. Il faut par exemple arrêter avec les « éducations à » l’écologie, les gestes de premiers secours et j’en passe. L’école ne peut pas tout. Il faut que la hiérarchie soit un soutien sans failles aux enseignants, même lors des périodes agitées.

 

L’exemple de l’agression de la collègue du Cap d’Agde est frappant. Il a fallu que le SNE vous alerte directement, Monsieur le Directeur Académique, ainsi que le ministère, pour que les choses bougent réellement. Et cela a bougé. Nous vous en remercions d’ailleurs.

 

L’institution a semble-t-il conscience du problème des tensions que nous, les enseignants, subissons quotidiennement, puisqu’un « référent violence » a été créé dans tous les départements et qu’un guide des conduites à tenir en cas d’incivilités a été envoyé à tous les enseignants. C’est loin d’être suffisant. Le nombre de « faits établissement » rédigés est un indicateur mais ne vous y trompez pas, la plupart des outrages, insultes, menaces et même coups subis par les enseignants ne se traduisent pas par des « faits établissement ».

Pourquoi me direz-vous ? Les enseignants se sont malheureusement habitués, petit à petit, à ces incivilités, ils se disent « bof, ce n’est pas très grave, et en fait ça va se régler avec le temps ». Ils se disent également « à quoi bon, rien ne va se passer, je vais juste perdre mon temps, et l’administration serait capable de trouver des reproches à me faire ».

 

Le SNE encourage et invite tous les enseignants outragés, insultés, menacés et frappés à remplir des « faits établissement », à déposer plainte si besoin et à se faire accompagner et conseiller par un syndicat.

 

Le SNE encourage et invite la profession à se saisir des CHSCT et des RSST. L’administration devra alors apporter des réponses, elle n’aura pas le choix.

 

L’objet principal de la CAPD d’aujourd’hui est la formation. Nous profitons de cette déclaration pour rappeler que le SNE est bien évidemment favorable à une formation continue des enseignants de qualité. Nous comprenons que la formation peut être un levier de pilotage pour l’administration, néanmoins elle ne doit pas être subie mais bien choisie par les enseignants. Rappelons également que le SNE est contre toute formation obligatoire pendant les vacances, même rémunérée.

 

Pour terminer, un mot pour nos collègues du Snuipp 34. Vos interventions, vos écrits ne nous surprennent plus. Vos mensonges, votre mauvaise foi, et votre envie de manipuler les enseignants ne vous grandissent pas. Malheureusement, à chaque fois que vous agissez comme cela, vous écornez l’image de l’ensemble des organisations syndicales. Les enseignants ont besoin d’organisations syndicales honnêtes intellectuellement et qui sont plus dans l’être que le paraître. Nous vous invitons, si ce n’est déjà fait, à lire sur notre site internet notre réponse à votre communiqué nauséabond ainsi que la réponse de la collègue agressée qui est scandalisée de vos propos. Le SNE vous demande, une fois de plus, d’arrêter d’attaquer les autres organisations syndicales et de vous concentrer sur la protection des collègues.

 

Je vous remercie de votre attention.

 

 

Matthieu Verdier et Dominique Rouah

Elus CAPD

Compte rendu de la CAPD

 

Réaction du DASEN suite aux déclarations liminaires des OS

 

Monsieur le DASEN affirme ne pas souhaiter cacher les choses mais souhaite que l'Institution ne soit pas abîmée. Il convient que les protocoles doivent s'améliorer. Il explique également qu'il ne faut pas confondre vitesse et précipitation.

 

Concernant les « faits établissement », il confirme qu'ils sont en augmentation mais n'est pas surpris car la consigne est justement de faire remonter tous les incidents. Il convient qu'il est nécessaire de retravailler avec les directeurs la rédaction des faits établissement.

Il ne faudra pas se méprendre si l'équipe de circonscription vient aider les écoles qui font remonter beaucoup de faits, ce ne sera pas une sanction mais bien un accompagnement.

 

Concernant les élèves hautement perturbateurs, monsieur le DASEN explique qu'il ne peut pas y avoir de réponse unique car cela doit se faire au cas par cas. Il s'engage à répertorier tous ces élèves avec les faits établissement les concernant ainsi que leur notification, puis de faire une réunion avec l'ARS et la MDPH pour poser le problème. Il est tout à fait conscient que cela prendra du temps.

 

Avis du SNE34 : nous ne revenons pas sur les carences de la procédure lors de l'agression d'Agde, tout a été écrit. Concernant les faits établissement, le SNE34 encourage les enseignants à faire remonter tous les incidents qui méritent d'être signalés.

Concernant l'engagement de monsieur le DASEN sur le sujet des élèves hautement perturbateurs, le SNE34 est satisfait que l'administration soit consciente du problème. La réunion avec l'ARS et la MDPH est une bonne idée. Il faut néanmoins aider rapidement les collègues qui se retrouvent avec ces élèves en classe, leur donner des réponses et surtout des solutions.

 

 

1. Formation continue

 

Monsieur Cordeiro présente aux OS la formation continue de cette année.

Le prévisionnel est de 8777 journées/stagiaires dont 3976 J/S non remplacées.

Dans ces 8777 J/S, 2570 sont pour les formations statutaires (formation de directeurs par exemple).

Les priorités nationales  (dont le "plan mathématiques") représentent 2401 J/S.

 

Il y a avait 90 offres de formation affichées au volet départemental et seulement 10 à candidature individuelle.

Il y a eu 501 candidatures individuelles déposées sur GAIA entre le 30/08 et le 22/09 (un enseignant peut déposer jusqu'à 3 candidatures).

 

Avis du SNE : nous sommes conscients que la formation est un levier de pilotage pour l'administration mais nous rappelons que la formation ne doit pas être subie mais bien choisie par les enseignants. Nous regrettons le peu de formations à candidature individuelle.

 

2 Questions diverses

 

Deux "référents violence" ont été nommés : M. Bénazech et M. Combet. Les missions ne sont pas encore définies.

 

La prime de Maître d'Accueil Temporaire s'élève à 150 €/ étudiant en master 1 et à 300 €/étudiant en master 2.

 

SNE34 : 1.Avez-vous reçu des consignes concernant les formations pendant les vacances scolaires ?

Réponse du DASEN : La DSDEN n'a pas encore de consigne concernant les formations pendant les vacances.


SNE34 : 2. Madame X a saisi la CAPD afin que son appréciation soit révisée. Au vu des éléments dont nous disposons nous demandons que cette situation soit révisée lors de cette CAPD.

Réponse du DASEN : Le DASEN demande de reposer le cas lors de la CAPD HC mais affirme qu'il ne pourra pas faire évoluer l'avis de la collègue. Ce n'est pas prévu légalement. En revanche il rappelle qu'il a la main sur le tableau d'avancement.

 


SNE34 : 3. Pouvez-vous nous donner le nombre de « faits établissement » pour le 1er degré pour l'année 2018-2019 ? Pour le mois de septembre 2019 ?

Réponse de l'administration : 454 faits établissements dans le premier degré en 2018-2019, 63 faits établissements en septembre 2019.

© 2020 Syndicat National des Ecoles Section Occitanie (11, 30, 34, 48, 66)  - Directeur de la publication : Matthieu Verdier, secrétaire académique

 

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